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Marge nette freelance : comment la calculer vraiment

Votre marge nette n'est pas votre TJM moins les charges URSSAF. Voici comment calculer ce que chaque mission vous rapporte vraiment, heure par heure.

5 min de lecture·22 juillet 2026

Ce que la plupart des freelances appellent "marge" — et pourquoi c'est faux

La confusion la plus répandue : assimiler le chiffre d'affaires encaissé à un revenu disponible. Sur 3 000€ facturés en micro-entreprise (régime BIC services), 21,2% partent en cotisations URSSAF (taux 2024, urssaf.fr). Il reste 2 364€ avant impôt sur le revenu. Pas 3 000€.

Mais ce n'est que la première erreur.

La deuxième : ignorer les charges directes de mission. Déplacements, logiciels spécifiques, sous-traitance ponctuelle, matériel acheté pour le client — tout ça réduit la marge réelle sans apparaître dans le calcul URSSAF. Un consultant qui prend le train deux fois pour un client à Lyon sur une mission à 1 500€ perd entre 80 et 200€ de marge nette selon le trajet. Personne ne le note. Personne ne le déduit.

La troisième erreur est la plus coûteuse : ne pas compter le temps réel passé. Une mission facturée 2 jours qui en prend 3,5 n'est pas une mission à 1 000€/jour. C'est une mission à 571€/jour. La marge nette horaire s'effondre — et le freelance ne le voit pas, parce qu'il ne calcule pas.

La formule complète, étape par étape

  • CA : 2 400€
  • Charges directes (déplacement, outil spécifique) : 120€
  • Cotisations URSSAF (21,2% du CA) : 509€
  • Impôt estimé (tranche à 30%, sur revenu net après abattement forfaitaire de 34% en BNC) : environ 475€

Les charges que personne ne compte — et qui détruisent la marge

Il y a les charges visibles : URSSAF, impôt, logiciels récurrents. Et il y a les charges invisibles, celles que les freelances absorbent sans les nommer.

Le temps non facturable est la première. Chaque mission génère du temps de gestion : échanges commerciaux avant signature, relances, facturation, reporting. Ce temps n'est pas facturé. Il réduit pourtant la marge nette de la mission si on le rapporte au temps total engagé.

Les révisions non cadrées contractuellement sont la deuxième. Un client qui demande "juste un ajustement" après livraison, c'est 1h à 3h de travail supplémentaire sur une mission déjà clôturée. Sans clause de révision dans le contrat, ce temps est offert. Sur une mission à 1 500€, 2h offertes à 75€/h réel représentent 10% de marge en moins. Pour cadrer ces situations avant qu'elles arrivent, [contracto.fr](https://contracto.fr) permet de générer des contrats freelance avec des clauses de révision claires.

La troisième charge invisible : les mois creux. Un freelance qui travaille 10 mois sur 12 doit amortir ses charges fixes (mutuelle, comptabilité, abonnements) sur 10 mois, pas 12. Ne pas en tenir compte dans le calcul de marge par mission revient à se croire plus rentable qu'on ne l'est.

Marge nette vs taux horaire réel : deux lectures indispensables

La marge nette en euros dit si une mission couvre ses coûts. Le taux horaire réel dit si elle vaut votre temps.

Ces deux indicateurs ne donnent pas toujours le même signal. Une mission longue peut dégager une marge nette élevée en valeur absolue mais un taux horaire décevant — parce qu'elle a mobilisé trop de temps pour ce qu'elle rapporte. À l'inverse, une petite mission bien cadrée peut afficher un taux horaire excellent même si la marge nette est modeste.

La règle que j'applique : une mission dont le taux horaire réel tombe sous 60% du taux horaire cible est une mission à ne pas renouveler aux mêmes conditions. Pas à refuser — à renégocier ou à mieux estimer la prochaine fois.

Pour calculer le prix minimum à facturer pour atteindre une marge cible sur une mission, [margefacile.fr](https://margefacile.fr) permet de simuler le seuil de rentabilité avant d'envoyer un devis.

Ce que les simulateurs de TJM ne font presque jamais : intégrer le temps réel passé dans le calcul de rentabilité. Ils partent du TJM cible, calculent les cotisations, affichent un revenu net théorique. Mais ils supposent que chaque jour facturé correspond exactement au temps passé. C'est rarement vrai.

Construire un tableau de bord simple pour suivre sa marge mission par mission

  • Nom de la mission et date de facturation
  • CA facturé HT
  • Charges directes imputables à cette mission
  • Heures réellement passées (estimation honnête, pas le devis initial)
  • Marge nette calculée et taux horaire réel
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